Aujourd'hui, je tiens entre les mains une page écrite dans une langue très éloignée de la mienne.
Hier encore, je ne savais pas la lire.
Je me suis donné une semaine.
Au début, ce ne sont que des formes et du bruit.
Mais chaque jour, je reviens m'asseoir devant la page, et quelque chose se détache : un son par-ci, un mot par-là.
Doucement, des bribes de cette langue étrangère deviennent les miennes.
On dit qu'on ne voit jamais vraiment sa propre langue tant qu'on n'en est pas sorti.
C'est peut-être pour cela que les langues lointaines sont celles qui nous en apprennent le plus : plus la distance est grande, mieux on voit d'où l'on vient.
Et au bout de la semaine, je la lirai à voix haute.
Des sons venus de l'autre bout du monde passeront par ma propre voix.
Je crois que c'est cela, au fond, une langue : rejoindre quelqu'un au loin, et s'entendre grandir un peu.
The passage becomes the lyrics — melodies stick in your head.
Takes 3–5 minutes depending on text length — you can leave this page, the song will be waiting here. Private until you share it.